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Zohra Drif : un destin algérien

Qui était Zohra Drif et qu’est-ce que l’attentat du Milk Bar ? Que représente Zohra Drif aujourd’hui ? Retour sur un pan essentiel de l’histoire nationale algérienne.

Zohra Drif, née le 28 décembre 1934 à Tiaret, en Algérie, grandit dans une famille modeste et pieuse. Son père, instituteur, lui inculque très tôt l’amour du savoir et le sens de la justice. Elle poursuit ses études au lycée de Blida, puis à Alger, où elle s’inscrit à la faculté de droit. C’est dans ce contexte qu’elle découvre les idées nationalistes et les revendications pour l’indépendance de l’Algérie, alors sous domination coloniale française.

En 1954, alors qu’elle est étudiante, elle rejoint les rangs du Front de Libération Nationale (FLN), mouvement clandestin qui prépare la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie. Son engagement est motivé par une conviction : la libération du pays passe par la résistance active contre l’occupant. Un grand destin se dessine…

Zohra Drif et l’attentat du Milk bar

Zohra Drif devient l’une des figures les plus marquantes de la lutte pour l’indépendance, plus particulièrement dans le contexte de la préparation de la bataille d’Alger (1957). Elle est membre du réseau des poseurs de bombes du FLN, dirigé par Yacef Saâdi. Son action la plus célèbre reste l’attentat du Milk-Bar, le 30 septembre 1956, dernier jour des vacances d’été : avec Djamila Bouhiredelle, elle pose deux bombes dans ce café-glacier fréquenté par des familles de Français. Les bombes explosent à 18h35. Trois femmes sont tuées et 60 personnes blessées, dont des enfants qui doivent être amputés. Cet événement, certes controversé, symbolise la détermination des Algériens à se libérer du joug colonial.

Arrêtée le 22 septembre 1957, Zohra Drif est condamnée à 20 ans de prison en 1958, graciée en 1962 par le général de Gaulle et libérée après les accords d’Évian qui mettent fin à la guerre et consacrent l’indépendance de l’Algérie.

Son parcours incarne le courage des femmes algériennes durant la guerre, lesquelles, il est vrai, ont joué un rôle actif et décisif dans la lutte pour l’indépendance…

Milk-bar Alger
Le Milk Bar à Alger, aujourd’hui

Où se trouve le Milk Bar ?

Le Milk Bar se situe sur la très belle place de l’émir Abdelkarder, dominée par la statue équestre de ce dernier (ancienne place Bugeaud).

Cliquez ici pour accéder au point GPS du Milk Bar.

Une vie dédiée à la justice et à la mémoire

Après l’indépendance, Zohra Drif s’engage dans la reconstruction de l’Algérie. Elle devient avocate et milite pour les droits des femmes et des victimes de la guerre. Elle est élue députée en 1964, puis nommée vice-présidente du Conseil de la Nation (Sénat algérien) en 2001.

Elle consacre une partie de sa vie à préserver la mémoire de la révolution algérienne, notamment à travers des écrits et des témoignages. En 2014, elle publie son autobiographie, Mémoires d’une combattante de l’ALN, où elle raconte son parcours et rend hommage à ses compagnons de lutte.

Zohra Drif a aujourd’hui 91 ans.

Un héritage national

Zohra Drif reste, pour les Algériens, une figure emblématique de la résistance. Son nom évoque le courage des femmes qui ont lutté pour l’indépendance, ainsi que la détermination face à l’oppression coloniale. Zohra Drif continue d’incarner l’héritage révolutionnaire de l’Algérie et sert de référence morale, largement citée.

En tant que symbole de la participation féminine à la guerre, elle inspire les mouvements pour l’égalité et les droits des femmes. Son engagement post-indépendance, en tant qu’avocate et femme politique, renforce encore son image. Pour beaucoup, Zohra Drif représente l’unité nationale. Son histoire, enseignée dans les écoles et citée dans les médias algériens, en fait une icône qui nourrit les aspirations futures de l’Algérie.

Regard sur le « terrorisme »

Délicat sujet que celui du terrorisme… Considéré à juste titre comme horrible, effrayant et inacceptable, le terrorisme est cependant une notion relative : mal absolu pour les uns, arme de combat légitime pour les autres, si la cause est juste. Au cours de l’Histoire, certains terroristes ont même été réhabilités et récompensés. On pense notamment aux Résistants français, à Nelson Mandela ou à Yasser Arafat, ce dernier ayant reçu le prix Nobel de la Paix en 1994.

Si le terrorisme reste inacceptable, il est important d’en rechercher les causes profondes : il ne suffit pas de pointer du doigt les terroristes, il faut aussi pointer du doigt ceux qui, par leur comportement, poussent certains à avoir recours au terrorisme.

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