L’histoire d’Oran : quelles sont les grandes périodes et les dates importantes de l’histoire de cette ville ? Quelques éléments clés pour s’y retrouver.
Lorsque l’on visite Oran, on est frappé par son riche patrimoine historique. Différentes périodes, différents styles architecturaux se mélangent, à tel point qu’il devient difficile d’y voir clair dans l’histoire de cette ville.
Mais à y regarder de plus près, Oran dévoile l’histoire de sa géographie : les bas quartiers sont témoins de l’histoire de la ville de 1509 jusqu’au début de la colonisation française, alors que le centre-ville est typique de la période française.
En réalité, Oran trouve ses racines dans l’Antiquité. La région était habitée par les Berbères bien avant l’arrivée des Phéniciens et des Romains. Les Phéniciens, puis les Carthaginois, y établirent des comptoirs commerciaux, mais ce n’est qu’à l’époque romaine que la région prit de l’importance sous le nom d’Unica Colonia. Cependant, les vestiges de cette période sont rares, et Oran ne devint une cité majeure que bien plus tard.
En 445, la ville cède sous les coups des Vandales. Elle est reprise par les Byzantins en 533. Enfin, elle est conquise par les arabes en 645.
Voici les grandes lignes de l’histoire d’Oran.
La période islamique et la fondation d’Oran
La ville actuelle d’Oran a véritablement été fondée au Xe siècle par des marchands andalous et maghrébins. Son nom viendrait de l’arabe Wahran, qui signifie « les deux lions », en référence aux lions qui vivaient sur une colline proche.
Oran devient un port stratégique pour les dynasties musulmanes successives, notamment les Almoravides, les Almohades et les Zianides. Elle sert de point de transit pour le commerce entre l’Afrique du Nord, l’Espagne musulmane et le reste de la Méditerranée.
L’occupation espagnole (1509–1708 et 1732–1792)
En 1492, la Reconquista est achevée : les catholiques espagnols ont définitivement chassé les musulmans de la péninsule Ibérique, après plus de 780 années de présence. Au sommet de leur puissance, ils s’engagent dans des expéditions en Afrique du nord.
En 1509, les Espagnols prennent Oran et en font une place forte pour contrôler la Méditerranée occidentale. La ville est intégrée à l’Empire espagnol et devient un bastion chrétien en terre musulmane. Pendant cette période, Oran est marquée par des conflits répétés avec les Ottomans et les populations locales. Les Espagnols y construisent des fortifications, dont le célèbre fort de Santa Cruz, qui domine toujours la ville.
En 1708, les Ottomans, dirigés par le bey Mustapha Bouchelaghem, chassent les Espagnols de la ville. Mais ces derniers la reprennent en 1732, avant de l’abandonner définitivement en 1792 en raison des coûts engagés et de la pression ottomane.
Durant cette période, le fort de Santa Cruz sera le théâtre de plusieurs sièges. Selon la légende, la karantika (plat oranais sous forme de sandwich au gâteau de pois chiches) aurait été inventé par hasard dans le fort de Santa Cruz par des militaires espagnols manquant de ressources : ils auraient broyé le reste de leur réserve de pois chiches avant de le cuire. Calentica signifie « toute chaude » en espagnol.
La période ottomane (jusqu’en 1831)
Sous domination ottomane, Oran se transforme en une ville prospère rattachée à la Régence d’Alger. Les Ottomans modernisent la ville, développent son commerce et renforcent ses défenses. Oran devient un centre culturel et religieux important, attirant les marchands, les artisans et les savants. Cependant, la piraterie en Méditerranée et les tensions avec les puissances européennes vont changer la donne.
La colonisation française (1831–1962)
En 1831, les Français, qui ont déjà pris Alger, occupent Oran. La ville devient un enjeu stratégique pour la colonisation de l’Algérie. Les Français en font un pôle économique majeur. Oran attire une population européenne de plus en plus importante : Espagnols, Français, Italiens, Maltais…
D’abord installés dans la ville basse (la ville historique), les Français créent ensuite la ville haute. Le nouvel hôtel de ville est inauguré en 1886, place d’Armes (actuelle place du 1er novembre). Des quartiers périphériques voient le jour, Gambetta, puis Fernand ville, Canastel, etc.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Oran est un théâtre d’opérations important. En 1940, la flotte française est détruire par les Anglais à Mers-el-Kébir, afin qu’elle ne tombe pas aux mains des nazis. Bilan : près de 1300 morts.
En novembre 1942, les Alliés débarquent à Oran (ainsi qu’à Alger et au Maroc), marquant un tournant dans la guerre mondiale. L’opération Torch est le nom de code donné à cette opération.
La ville devient ensuite un foyer de tensions pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954–1962), avec des affrontements violents entre indépendantistes et forces coloniales.
Le 5 juillet 1962, des violences éclatent à Oran lors de la célébration de l’indépendance. La foule attaque la population européenne, faisant des centaines de morts. Les forces de l’ordre françaises, encore présentes dans la ville, n’interviennent pas. Cet événement reste un traumatisme ancré dans la mémoire franco-algérienne. Il précipitera le départ des pieds-noirs.
Oran depuis l’indépendance (1962 à aujourd’hui)
Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, Oran devient la deuxième ville du pays. Elle connait une croissance démographique rapide et une industrialisation massive, notamment dans les secteurs pétrochimique et portuaire. Cependant, elle est aussi touchée par les crises économiques et politiques des décennies suivantes, notamment durant les années 1990.
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