Que voir à Oran ? Quels monuments visiter au centre-ville, dans l’ancienne ville ou sur les hauteurs ? La liste des incontournables.
Oran est une ville particulièrement riche sur le plan culturel et historique. Mais au-delà, c’est une ville envoûtante, diverse par ses quartiers, ses influences, ses styles.
Oran réserve des surprises à chaque coin de rue, pour celui qui sait être attentif aux détails. Le patrimoine oranais n’est pas toujours bien mis en valeur, mais on perçoit le potentiel énorme qu’il recèle. Contrairement à Alger, les monuments, les immeubles, les sites sont parfois mal indiqués, fermés ou abandonnés, mais on s’extasie devant des vestiges surannés, témoins d’époques révolues dont l’héritage est bien présent. C’est cela qui fait le charme d’Oran, c’est cela qui en fait une ville inoubliable.
Cet article liste une vingtaine de sites ou monuments à voir à Oran. Il vous faudra 3 jours minimum !
Voici donc les points incontournables et les monuments à visiter à Oran.
Que voir a Oran centre-ville ? Les incontournables
Que voir à Oran ? Voici une sélection d’incontournables à Oran-centre.
1) La place du 1er Novembre
Vous êtes ici au coeur d’Oran, lieu idéal pour commencer votre déambulation dans le quartier européen. Remarquez d’abord le somptueux théâtre (1905, style Napoléon III) ainsi que la mairie récemment ravalée. Devant la mairie, deux lions trônent. Ils ont été créés par l’artiste sculpteur Auguste Nicolas Cain (1821-1894), qui est aussi l’auteur des deux lions de la mairie de Paris, presque identiques à ceux d’Oran. Il faut savoir que le nom originel de la ville d’Oran est wahran, qui signifie « deux lions ».
Remarquer aussi l’obélisque de la Victoire Ailée, au milieu de la place, érigé en 1898 l’honneur des soldats français morts lors de la bataille de Sidi Brahim (1845) contre l’armée de l’émir Abdelkader ; il est aujourd’hui dédié à l’émir Abdelkader, haute figure de la résistance contre la France.
Sur la place du 1er Novembre, vous pourrez déguster la karantika, sorte de sandwich garni au gâteau de farine de pois chiche (cliquez ici pour obtenir le point GPS d’une boutique de karantika à emporter).
Au fait, pourquoi « place du 1er Novembre » ? Le 1er novembre 1954 est la date du manifeste du FLN (Front de libération nationale), sorte d’appel lancé au peuple algérien marquant le début de la guerre d’indépendance.

2) Le boulevard de la Soummam
A deux pas de la place du 1er Novembre, le large boulevard de la Soumman débute devant le prestigieux Royal Hôtel et descend en direction de la mer. Au rez-de-chaussée de cet hôtel, un bar ainsi que des tableaux du peintre orientaliste Etienne Dinet. Sous verre, la tenue traditionnel de l’émir Abdelkader avec son sabre en exposition.
Au bas du boulevard de la Soummam, le restaurant Le Cintra, où Albert Camus venait écrire.
Remarque : la Soummam est le nom du congrès du FLN qui s’est tenu dans la clandestinité du 13 août au 20 août 1956 pour structurer et organiser la Révolution.
3) La promenade du front de mer (boulevard de l’ALN)
C’est la plus célèbre des promenades d’Oran, dominant le port et la mer. Large et longue (2 km), elle a été construite dans les années 1930 sous la forme d’un grand balcon donnant sur le port. Le mobilier urbain est d’origine. Ici on flâne et on prend son temps, on admire le paysage et on profite du soleil…
Sous l’avenue, la promenade de Letang (renommée Ibn Badis) est un chemin paysagé aménagée en 1836 par le général Létang.
4) Les bâtiments et l’architecture du centre-ville européen
Oran possède un centre-ville unique sur le plan architectural : on y trouve des bâtiments néoclassiques, haussmanniens, néo-byzantins, néo-mauresques, brutalistes, alsaciens ou Art déco, la plupart datant de la période coloniale. Ici et contrairement à Alger, les bâtiments sont dans leur jus… On s’attardera sur certaines façades, portes et entrées d’immeubles, dont certaines possèdent des statues et des mosaïques remarquables, et même des ascenseurs d’époque…
Voici quelques exemples de bâtiments méritant le détour :
- la Chambre de commerce, boulevard de la Soummam : style hausmanien,
- la Maison du colon (actuel Palais de la Culture) : style Art déco,
- la cathédrale du Sacré-Cœur d’Oran (reconvertie en bibliothèque, entrée libre) : inaugurée 1906, style romano-byzantin, bâtie en béton armé par les frères Perret. Possibilité d’accéder aux fondations (salle voûtée). Remarquer la façade, les vitraux, les stalles, le maître-autel, la chaire, les piliers,
- l’ancien siège de la Compagnie algérienne de crédit et de banque : sytle néo-mauresque,
- la grande synagogue d’Oran (1880), aujourd’hui reconvertie en mosquée, sytle néo-mauresque. Ce bâtiment passait pour être la plus grande synagogue d’Afrique,
- le marché Michelet : marché couvert à l’architecture des années 1930, avec de remarquables voûtes. Visiter aussi le sous-sol du marché,
- etc.
5) La résidence Yves-Saint-Laurent
Située rue des Frères Chemloul, en plein centre-ville, la résidence Yves-Saint-Laurent est un magnifique petit musée installé dans la maison familiale où grandit le célèbre couturier. C’est en effet dans cette maison qu’Yves Saint Laurent a passé son enfance et son adolescence, aux côtés de ses parents (père assureur, mère au foyer) et de ses deux sœurs. La maison a gardé son carrelage d’origine et ses boiseries. Son mobilier a été recomposé à partir de photos d’époque. Il est possible de voir plusieurs pièces, dont la chambre d’Yves Saint Laurent et son atelier, où très tôt il se mit à découper les photos des mannequins dans les magazines pour leur confectionner des robes dessinées sur mesure. Le jeune Yves s’essayait à ses premières esquisses de mode.
Le lieu rassemble un grand nombre d’objets familiaux et de croquis, il permet de plonger dans l’atmosphère de l’époque. Passionnant !

6) La place de la bastille avec la Grande poste d’Oran
La place de la Bastille (actuelle place du Maghreb) est agréable. Elle comporte plusieurs bâtiments remarquables : le Grand Hôtel d’Oran, l’ancienne église Saint-Esprit (première église bâtie par les Français) et surtout la Grande Poste, de style néo-mauresque.
La Grande Poste est un haut lieu de l’histoire algérienne : en 1949, des membres de l’Organisation spéciale (OS) y commettent un holp-up, dans le but de financer la lutte armée contre le colonialisme français. L’opération, spectaculaire, est menée entre autres par Ahmed Ben Bella, futur président de la République algérienne.

7) Le marché bastille
Voilà un marché pittoresque à ne pas rater. Etals de légumes, épices, vous plongerez dans un marché typique algérien. Si vous levez les yeux, vous verrez à l’angle des anciens bâtiments des niches contenant des statuettes de la Vierge.

8) La gare d’Oran
La gare d’Oran (1913) est un monument remarquable sur le plan architectural : de style néo-mauresque, elle est l’oeuvre de l’architecte Albert Ballu et des frères Perret. Elle fait référence trois religions du Livre : elle présente une horloge sur un minaret de mosquée ; son dôme est orné d’étoiles de David et de croix chrétiennes. Les décors de la salle principale sont remarquables. A proximité se trouve le bâtiment du buffet.
Demander l’accès aux voies pour admirer la verrière sur structure d’époque. A noter qu’il est déconseillé de prendre des photos dans la gare.




Que voir A oran dans l’ancien centre ?
Oran, c’est aussi un centre ancien, situé en contre-bas du quartier français, accessible par des rues à forte pente. Là, on entre dans un autre univers : celui des bas quartiers, de l’ancienne Casbah, de l’ancienne ville ottomane, là où les Espagnols se sont établis, là aussi où les Français se sont installés en premier lieu après la « conquête ». Nous sommes dans la vallée, près du vieux port, dans le quartier Sidi El-Houari.
1) Le palais du Bey
Le palais du Bey est l’ancienne résidence du chef ottoman d’Oran, soumis au Dey. En cours de rénovation, donc fermé au public, certaines parties sont toutefois accessibles, notamment la prison, ainsi que des annexes où se trouve une mystérieuse chambre d’écho (selon la manière dont vous vous placez dans cette pièce en demi-sphère, vous aurez l’impression que votre interlocuteur vous parle dans votre dos, alors qu’il est devant vous).
2) Le Mausolée de Sidi El Houari
Sidi El Houari, morts vers 1439, est un marabout musulman réputé pour son érudition. Saint patron d’Oran, il est l’auteur de Kitab Essehou oua Etenbih (Livre de l’oubli et de l’avertissement), dédié aux jeunes écoliers. Il est possible de voir son petit mausolée blanc.
3) La place de la Perle
Plus loin, la mosquée du Bey Mohamed Othman El-Kébir est dédiée à ce saint patron ; elle a été édifiée en 1793 ; style andalou. Remarquer son magnifique minaret. Cette mosquée domine la place de la Perle (actuelle place Abdelbaki Benziane, ex plaza de Armas des Espagnols), qui fut le centre ville historique de la ville durant dix siècles. Remarquer les vielles maisons du 18ème siècle.

4) L’église Saint-Louis
Juste en face de la mosquée, l’église Saint-Louis se dresse. Il s’agit d’une ancienne mosquée transformée en église par les Espagnols ; l’édifice a plusieurs fois changé de culte au cours de l’histoire, en fonction des conquêtes, elle a aussi été reconstruite à plusieurs reprises. En voie de dégradation, elle ne se visite pas, mais son charme reste intact.
Sous l’église, le tunnel Boutin a été percé en 1862.

5) La mosquée de Hassan Pacha
Lovée dans un virage, la Mosquée Hassan Pacha est construite en 1796, sous le règne du bey Mohamed El-Kébir, sur ordre du pacha Baba Hassan d’Alger, qui la finança avec l’argent du rachat de captifs chrétiens. Magnifique mosquée au charme rare, qui malheureusement ne se visite pas, ou pas encore.
A noter la présence, en-dessous, d’une ancienne piscine municipale et d’un stade : il s’agit de l’emplacement originel d’un des deux théâtres que comportait Oran. Il s’agissait du théâtre-casino.



6) La place de la République et l’ancienne mairie
La place de la République, coeur de la première présence française, était une place impériale avec un kiosque. Là se situe l’ancienne mairie, aujourd’hui abandonnée (une plaque permet de l’identifier).
On remarquera aussi la fontaine Aucour, dédiée à l’ingénieur des ponts et chaussées Aucour, qui combla l’oued Ras el Ain pour créer le boulevard Khedim Mustapha, ex Stalingrad, ex Dr Molle.



7) La place Kléber (actuelle Boudali Hasni)
Point d’entrée de l’ancienne ville, la place Kléber est connue pour son hôtel Métropole ou avait séjourné l’empereur Napoléon III et son épouse Eugénie en 1865 (ancien hôtel de la paix).
8) Les portes, les murailles et les tunnels de l’ancienne ville
Les Espagnols occupèrent Oran à partir de 1734. Ils établirent un ensemble de fortifications bien visibles depuis les hauteurs de la ville. Les forts étaient reliés entre eux par un réseau de longs tunnels, dont il est encore possible de voir les entrées aujourd’hui. En surface, on pénétrait dans la ville par des portes fortifiées.

A voir :
- la porte de Canastel, ancienne porte de la ville fortifiée par les Espagnols ; accessible depuis la place de la République,
- le tambour San José, entrée visitable (lorsque le gardien est là) du réseau de tunnels espagnols, construite en 1738 sous la Torre Gorda qui se trouvait là,
- la porte d’Espagne, édifiée en 1589, première porte construite par les espagnols à Oran ; remarquable par ses ornements et blasons ; accessible uniquement sur demande : s’adresser au gardien du tambour San José, juste en face.

Que voir sur les hauteurs d’Oran ?
C’est lorsqu’on s’élève sur les hauteurs d’Oran que l’on saisit l’ampleur de la ville et de son histoire. Il s’agit de grimper sur le djebel Murdjadjo (colline qui domine la ville), en voiture ou en téléphérique, pour accéder à des vues spectaculaires. L’occasion aussi de visiter deux monuments incontournables de la ville.
1) Notre-Dame du Salut
Notre-Dame du Salut (ou Notre-Dame de Santa Cruz) porte en elle l’âme d’Oran. On dit que la Vierge présente sur le clocher fait face à Notre-Dame de Lagarde à Marseille. Au départ petite chapelle établie en 1850 pour célébrer la fin de l’épidémie de choléra, le sanctuaire s’est progressivement doté d’une basilique, d’un cloître et d’un belvédère.
Le clocher est érigé en 1873 ; la statue de la Vierge est une réplique de celle de Notre-Dame de Fourvière (Lyon). En 1950, le cloître et la basilique sont construits.
Remarquer la vue sur le port militaire de Mers El-Kébir (le « grand port » en arabe), théâtre de l’attaque, en juillet 1940, de la Royal Navy contre la Marine nationale française, afin que les navires de la France de Pétain ne puissent être récupérés par les nazis. L’opération Catapult fera 1295 morts, la plupart Français.

2) Le fort de Santa-Cruz
Le fort de Santa-Cruz, emblématique de la ville d’Oran, offre un panorama unique sur les alentours. Sa visite est incontournable et particulièrement intéressante. Le premier fort fut construit en 1577 par les Espagnols. Il fut l’objet de plusieurs attaques et sièges. En 1708, le fort tombe aux mains des Algériens. Les Espagnols reprennent les lieux en 1738, le renforcent (pont-levis) mais l’abandonnent à la fin du XVIIIe siècle face aux attaques répétées des Algériens. Il est restauré et utilisé par les Français à partir de 1856.
Que voir sur la côte ?
S’il vous reste du temps, vous pourrez découvrir la côte aux alentours d’Oran :
- les plages d’Aïn-el-Turk, principale station balnéaire oranaise,
- le quartier Canastel : l’un des quartiers résidentiels les plus prisés d’Oran, autrefois station balnéaire. Il est possible de se promener dans la forêt de Canastel,
- le port de Krystel : petit port de pêche typique et coloré, paradis des photographes. Ne pas manquer le marché au légumes. Remarquer les anciennes maisons coloniales donnant sur le port.



Voir aussi :


