Le cimetière juif de Sidi Bel Abbès : peut-on le visiter ? Que contient-il ? Dans quel état se trouve-t-il ? Nos conseils pour retrouver la trace de vos ancêtres.
Sidi Bel Abbès, à 82 km à l’ouest d’Oran, est une ville agréable, aérée et propre, située à 470 m d’altitude et peuplée d’environ 200 000 habitants. La ville est à l’écart des circuits touristiques. Pourtant, de nombreux visiteurs s’y rendent à partir d’Oran pour retrouver la trace de leurs ancêtres et marcher dans les rues qu’ils avaient l’habitude d’emprunter.
Il faut savoir que Sidi Bel Abbès a très tôt été une ville stratégique pour les Français, lesquels étaient soucieux de protéger la route d’Oran à Tlemcen. La ville est véritablement créée après les années 1840 : elle devient une ville-garnison de la Légion étrangère dès 1843 et en sera le siège jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962.
Le peuplement de Sidi Bel Abbès, ville neuve, s’accélère à partir des années 1860. Des terres sont confisquées aux indigènes. En 1880, la ville compte plus de 16 000 habitants. En 1883, elle est reliée par le train. A partir de cette époque, on assiste à l’émergence d’une bourgeoisie locale.
Les juifs de Sidi Bel Abbès
Les Juifs de Sidi Bel Abbès étaient souvent des commerçants, artisans ou employés. Leur présence s’inscrivait dans l’histoire plus large des Juifs d’Algérie, marquée par le décret Crémieux de 1870, qui leur accorda la citoyenneté française, les distinguant ainsi des musulmans locaux. Le décret attira aussi des Juifs originaires d’autres pays du Maghreb.
La communauté était organisée autour de synagogues et d’écoles, dans les rues du centre-ville. Une synagogne se situait rue Mogador (actuelle rue Palestine).
Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, la majorité des Juifs quitta le pays, notamment pour la France, en raison des tensions politiques et de l’incertitude quant à leur avenir. Aujourd’hui, il ne reste presque plus de traces de cette communauté à Sidi Bel Abbès, mais leur héritage persiste dans les photos, les archives et aussi dans le cimetière juif de Sidi Bel Abbès, qu’il est possible de visiter.
Le cimetière juif de Sidi Bel Abbès : présentation
Le cimetière juif de Sidi Bel Abbès se situe rue Boudjerra Dahou (cliquez ici pour accéder au point GPS), non loin du centre-ville. Il est protégé par une grande muraille, dont une partie s’est effondrée et est en cours de réparation. Un gardien veille sur les lieux.
Le cimetière est assez vaste. Figé dans le temps, il comporte de magnifiques tombes d’époque.
Comment accéder au cimetière ?
Contrairement au cimetière de Tlemcen, dont la visite nécessite une demande d’autorisation préalable auprès de la mairie, il est possible de se rendre directement au cimetière de Sidi Bel Abbès, sans autorisation. Rendez-vous devant la porte d’entrée du cimetière (possibilité de se garer sur place) et frappez à la porte du gardien, située à droite du grand portail. N’hésitez pas à tambouriner un moment. Revenez en cas d’absence du gardien.
Si le gardien est sur place, il vous ouvrira le portail. Malheureusement il ne parle pas français et ne vous aidera pas à trouver des tombes ou des noms. Il vous accompagnera simplement pendant vos déplacements.
Nous vous conseillons de vous équiper de chaussures adaptées, car la végétation peut être haute, surtout au printemps. Attention aux serpents et aux tortues…
Quelques photos
Voici quelques photos du cimetière juif de Sidi Bel Abbès, datant de mars 2026.
















La question de l’entretien du cimetière
Selon les accords d’Evian de 1962, les Algériens devaient conserver, protéger et respecter les cimetières chrétiens et juifs, chose qui est globalement respectée. Peu de tombes sont cassées et aucune ne semble avoir été profanée, mais des déchets sont présents à l’intérieur du cimetière, en particulier le long de la muraille. Les années passent et le cimetière se dégrade. Des arbres poussent, certaines tombes disparaissent sous la végétation. Des noms deviennent illisibles…
Pourtant, ce cimetière reste un magnifique lieu de mémoire. Il importerait que la communauté juive de France agisse pour l’entretien de ce lieu, témoin figé d’une belle époque. Il est encore temps…
Nos conseils pour retrouver vos ancêtres
De nombreux livres et sites internet proposent conseils et informations pour retrouver ses ancêtres juifs d’Algérie, par exemple Morial.
Pour accéder aux registres d’état civil numérisés, rendez-vous sur le site de l’ANOM (Archives nationales d’Outre Mer).
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